Pour une Marseillaise qui nous rassemble,
ajoutons-y Égalité et Fraternité !

Malgré une musique appréciée universellement, la Marseillaise ne nous rassemble pas. Elle oppose ceux qui la chantent et ceux qui refusent de l'entonner. Et elle oppose aussi, parfois dans la violence, ceux qui la chantent pour des symboliques irréconciliables.
Sans effacer les paroles guerrières de Rouget de Lisle, seules de nouvelles paroles pourraient nous rassembler, si elles expriment clairement les valeurs républicaines que nous partageons tous : Liberté, Égalité, Fraternité, mais aussi paix, justice…
La Marseillaise est l'un des hymnes nationaux les plus célèbres au monde. Mais, en fonction de leurs références historiques, les Français ont des avis très différents sur ses paroles et sur sa symbolique.
Suivant les personnes, la Marseillaise est en effet un hymne révolutionnaire, un hymne républicain ou un hymne nationaliste,
un hymne émancipateur et défenseur de la Liberté, qui donna enthousiasme, force et victoire aux révolutionnaires, aux soldats de l'an II et aux résistants de 1944,
mais un hymne violent, dont l'arrivée à Paris coïncidera avec, comme le dit Jaurès, du sang qui se répand à flots et une Révolution qui devient une boucherie,
et même un hymne de sacrifice, pour les récentes victimes d'une fausse interprétation,


un hymne post-révolutionnaire, souvent conquérant, mais aussi marqué par des défaites meurtrières,
et pour les peuples conquis ou leurs descendants, un hymne d'esclavage ou de colonisation, souvenir de massacre ou de racisme,
un hymne éducatif et républicain, ou un hymne d'embrigadement militariste,
un hymne sportif, pour ceux qui ne retiennent que cet aspect moderne,
un hymne, plus simplement, que beaucoup vénèrent et adorent chanter, tandis que d'autres, peut-être aussi nombreux, refusent même d'entonner.
La
Marseillaise
nous
divise, alors que la fonction d'un hymne national est de nous
rassembler !
S'il
n'est pas question de supprimer les paroles historiques de
Rouget de L'Isle, nous
pouvons par contre les compléter
avec d'autres paroles qui nous uniront en exprimant clairement
les valeurs que nous partageons tous de Liberté, Égalité et Fraternité.
Cette démarche ne fera qu'annuler la décision d'une commission créée par le populiste général Boulanger, Ministre de la Guerre qui, pour préparer le pays à la revanche militaire de 1870, supprima en 1887 sept couplets humanistes et universalistes de notre hymne national, pour ne garder que les sept couplets guerriers.
Sans ces sept couplets, aujourd'hui désuets, la seule des trois valeurs de notre devise qui figure aujourd'hui dans notre hymne est la Liberté, au lointain sixième couplet. Pour beaucoup de Français, cette suppression de l'Égalité et cet oubli de la Fraternité est symbolique de la réalité de notre pays.


Souhaitant réconcilier les très nombreux Français attachés à cet hymne, et ceux refusant de chanter ses paroles, le colloque consacré à la Marseillaise à l'Assemblée Nationale en 2005 proposait, dans sa phrase de conclusion, que de nouvelles paroles, qui reflètent les valeurs des Français, soient ajoutées à l'hymne national.
Nous invitons donc tous les Français, et notamment les jeunes, à exprimer les valeurs qu'ils souhaitent pour la France, à s'en inspirer pour écrire un refrain et un ou plusieurs couplets, puis à chanter ces paroles ou une version déjà écrite.
Une version pourra ensuite être choisie au niveau national, soit parce qu'elle s'impose d'elle-même par ses qualités, soit par concours. Elle pourra être chantée à l'école, en complément des paroles actuelles - affichées dans toutes les classes depuis l'amendement Ciotti en 2019 - afin de montrer qu'en temps de paix, combattre pour ses valeurs doit se réaliser sans violence.
Quand la majorité des Français le souhaitera, ils pourront ensuite démocratiquement choisir d'ajouter officiellement cette version à notre hymne national, par un vote de l'Assemblée et du Sénat. Ils pourront aussi décider des paroles les plus adaptées à chaque situation, en chantant par exemple les nouvelles paroles pendant les périodes de paix, tout en gardant les paroles historiques pour les périodes de guerre et les cérémonies militaires, ce qui ne sera qu'un retour au décret du 14 juillet 1795 instaurant l'hymne comme chant national pour les troupes, et non comme hymne de la nation.
Collectif Ajoutons Égalité Fraternité à la Marseillaise

De nombreuses personnalités se sont exprimées sur ce sujet, et on pourra lire une grande partie de leurs avis, pour ou contre la Marseillaise, sur cette page.
Si la plupart des français aiment la musique de cet hymne, les personnalités suivantes ont
critiqué son enseignement à l'école,
ou ses paroles qu'ils refusent de chanter, souhaitent modifier ou compléter :
Graeme ALLWRIGHT,
Nicolas ANELKA, ARKANA, Nathalie ARTAUD, Clémentine AUTAIN, AXIOM, Charles AZNAVOUR, Eve
BARRE, Julien BAYOU, Karim BENZEMA, Pierre BERGE, Charles BERLING, André BETTENCOURT, Marie-Christine
BLANDIN, Général de BOLLARDIERE, BOOBA, Alima BOUMEDIENNE-THIERRY, Christine BOUTIN, Dounia BOUZAR, José BOVE, Georges
BRASSENS, Jacques de BOURBON-BUSSET, Général Georges BUIS, Eric CANTONA, Père CEYRAC, François-René
de CHATEAUBRIAND,
Général Jean-Loup CHRETIEN, Bernard CLAVEL,François de CLOSETS,François
CLUZET, Jacqueline COSTA-LASCOUX, Régis DEBRAY, Christian
DELORME, Jean DESESSARD, Harlem DESIR, Pierre DESPROGES, Natalie
DESSAY, DISIZ, MAURICE DONNAY, Lola DUBINI, Yves DUTEIL, Soeur EMMANUELLE, Claude ESTIER, Roger
FAUROUX, Solange FERNEX, Eli FLORY, Geneviève de FONTENAY, Caroline FOUREST, Pr. René
FRYDMAN, Michèle GENDREAU-MASSALOUX, Guy GILBERT, Françoise GIROUD, Valéry GISCARD D'ESTAING, Martin GRAY, Benoite GROULT,
Philippe GUILHAUME, Paul GUTH, Marek HALTER, Gérard HOLTZ, Robert HOSSEIN, Victor HUGO, François-Régis HUTIN,
IAM, Dominique
JAMET, Jean JAURES, Geneviève JURGENSEN, Christian KAREMBEU, Jean-Claude KAUFMANN, Anasse KAZIB, KENNEDY, Alain
KRIVINE, Arlette LAGUILLIER, Alphonse de LAMARTINE, Dominique LAPIERRE, Bernard LAVILLIERS, Claude
LEMESLE, Bernard-Henry LEVY, Jeannie LONGO, Mgr LUSTIGER, Jacques MARILOSSIAN, Pasteur Jacques MAURY, MÉDINE, Macha MERIL, Bertrand
MEYER, Yves MICHAUD, Danielle MITTERRAND, Marwan MOHAMMED, Bernard MOITESSIER, Théodore MONOD, Jacline
MOURAUD, Laurent NAOURI, NICOLETTA, Yannick NOAH, Danièle
OBONO, Pr Claude OLIVENSTEIN, Jacques PELISSARD, Jean PERROCHAUD, Jean-Marie PETITCLERC, Abbé PIERRE, Michel PLATINI, Edwy
PLENEL, Patrick POIVRE D'ARVOR, Louis de POTTER, Philippe POUTOU, Hubert REEVES, Alain REFALO, RENAUD, Jean ROUAUD, Simone
ROZES, Mgr ROZIER, Jacques SALZER, Dominique SCHNAPPER, Edmond SCHWOB,
Jacques
SEGUELA,
Michel SERRES, SEYFU, SNIPER, Bernard STASI, Eric TABARLY,
Bernard TAPIE, Christiane TAUBIRA, Haroun TAZIEFF, Jean-Claude TCHIKAYA,
TIERS MONDE, Henri TISOT, Gilbert TRIGANO, Paul-Emile
VICTOR, Dominique VOYNET, Antoine WAECHTER, Lambert WILSON,
YOUSSOUPHA, ZINO...
ainsi
que
Alternatives non-violentes, Une Autre Marseillaise pour la
France, ATTAC, la Bordelaise, Collectif Breton pour la Démocratie et les
Droits de l'Homme, le Collectif Devoirs de mémoires, la
FCPE, la Fédération Régions & Peuples Solidaires, Génération
Médiateurs, le Journal des enfants, la Ligue de l'Enseignement 94,
Lutte ouvrière, NADAU, Plusieurs sections de la Ligue des Droits de
l'Homme, la Marseillaise de Graeme Allwright, Une Marseillaise pour les
enfants, le Journal le Monde des ados, La nouvelle Marseillaise, SOS Racisme-Paris, les syndicats d'enseignants du Pays
Basque (SE-UNSA, SNUIPP-FSU, LAB Éducation, Sud Éducation...), L'Union
Démocratique Bretonne, les Éditions Thierry Magnier...