Les guerres modernes, de 1870 au XXème siècle

En 1870, l'empereur Napoléon III a annulé l'interdiction de chanter la Marseillaise, valable depuis Napoléon, pour affronter les Prussiens, comme le rappelle ce dessin satirique.

L'hymne est ensuite bien présent dans les textes et les esprits en 1914, jusqu'à ce que les soldats refusent de le chanter en 1917, puis de 1936 à 1944, ainsi plus tard qu'en Indochine et en Algérie. Alors que les généraux de la Révolution vantaient l'effet mobilisateur de la Marseillaise dans leurs victoires, cet effet ne semble donc plus avoir d'impact dans les guerres modernes.

Contre l'Allemagne, le "sang impur" est alors toujours celui de nos ennemis allemands.

« Les français bientôt en armes arrivent... La fusillade crépite ; On poignarde, on décapite, Et le sang impur coula... Ah bravo bravo, petite ! Ils ne sont plus là ! » Les tristesses et les gloires, poèmes populaires de la grande guerre, p 55, 1915

« Sois sans peur et sans reproches Et, du sang impur des Boches, - Verse à boire ! - Abreuve encor nos sillons ! Buvons donc ! Nous avons soif de vengeance Rosalie ! verse à la France,- Verse à boire ! - De la Gloire à pleins bidons ! » Rosalie, chanson de Théodore Botrel, 1915

« N'entendons-nous pas mugir, dans les campagnes, de féroces soldats ? Ils égorgent les femmes, les enfants ; ils violent, ils mutilent, ils écartèlent ! Le sang qui coule dans les veines de ces barbares est bien un sang impur, épais et qui charrie les plus sauvages instincts. » Maurice Donnay, de l'Académie française (Le Figaro.) 1915

« ... cet être dont le sang - le sang allemand — charriait tant de miasmes impurs. » Emmanuel Sheridan. La grande guerre par les grands écrivains, 1916, p 308

« C'est pour la liberté et pour la justice, pour ces vieux mythes séculaires, que ces jeunes gens tombent. Leur sang est pur l'humanité sera, par lui, purifiée. » Gabriel Hanotaux, de l'Académie française, (La Revue des Deux-Mondes.) 1916

"Tous ces héros chantaient la Marseillaise, le coeur vaillant, le glaive en feu.
Aux flancs des montagnes Lorraines, où le sang ennemi inondait nos sillons,

Terrassant les hordes germaines, leurs bras vengeurs fauchaient les bataillons !"
La Marseillaise de Verdun, Henri Courtois (dans La fleur au fusil, 14-18 en chansons, Bertrand Dicale, Acropole, p 27)

Avant ou au cours de la seconde guerre mondiale, plusieurs textes du PCF dénoncent le « sang impur » des ennemis :

"Le sang impur des hitlériens maudits et des traitres de la cinquième colonne" Affiche du PCF "Notre immortelle Marseillaise" 1936 (p126, Robert)

En été 1942, L'Humanité recommande, suite à l'invasion de l'URSS par les armées hitlériennes en juin 1941 de «tuer des boches et des traîtres» afin de «faire couler du sang impur des oppresseurs de la Patrie»

En 1944, dans un tract du PCF appelant à la Libération de Paris : "Paris n'est pas libéré! AUX ARMES, citoyens ! Formons nos bataillons! Que le sang impur des Boches et des traîtres abreuve nos sillons !" Maurice Thorez, Secrétaire général du PCF

Finalement, dans toutes les guerres, le "sang impur" est celui de nos ennemis actuels, comme le montre ce passage récent concernant l'Afghanistan : "ils n'ont cependant pas prêché qu'un sang impur, celui des talibans, abreuve les sillons afghans". LE CASOAR, oct 2010, (par un général français, dont les propos ne peuvent être accusés de racisme, car les talibans ne forment pas un groupe ethnique)


Ajoutons Égalité Fraternité à la Marseillaise
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