L'opinion de nombreuses personnalités sur la Marseillaise
La Marseillaise est l'hymne national le plus célèbre au monde (car God save the Queen est un hymne royal).
De très nombreux Français lui vouent une véritable vénération, et n'envisagent pas d'en changer les paroles.
A l'inverse, de très nombreuses voix se sont exprimées pour les modifier.

Afin de refléter la multiplicité des opinions du débat public, voici les opinions de 30 personnalités.
Si vous voulez aller plus loin, le site Chantons la Marseillaise AhAh AhAh... recense l'avis de plus d'une centaine de personnalités critiques. Pour équilibrer, vous trouverez ici des avis positifs de personnalités appréciant cet hymne
Roberto ALAGNA « grâce à cette Marseillaise, le jour où on m'a demandé de la chanter, c'est là que je me suis vraiment senti français, pour la première fois, à 100%. Moi, je trouve cet hymne formidable..»
Charles AZNAVOUR, « Pour ma part, je garderais, en les remaniant, le premier et le dernier couplet, et je brûlerais le reste. Une Marseillaise humanisée serait plus à l'image de la France et des Français. »
Karim BENZEMA, « Si vous écoutez bien, la Marseillaise appelle à faire la guerre. Et ça, ça ne me plaît pas » «On ne va pas me forcer à chanter La Marseillaise. Zidane, par exemple, ne la chantait pas forcément. Et il y en a d'autres»
Pierre BERGE, « Dans mon enfance, mes parents m'interdisaient de chanter la Marseillaise. Ils trouvaient les paroles scandaleuses. J'ai toujours partagé ce point de vue et je n'ai jamais pu me résoudre à les prononcer. »
Charles BERLING, « il faudrait changer les paroles, la morale c'est vraiment très intéressant, c'est la civilisation ; il faut apprendre la morale et le civisme, mais la Marseillaise on ne doit pas l'apprendre à l'école. Si on veut la chanter, on la chante... » (France 2, on n'est pas couché, 23 février 2008)

Abdenour BIDAR,« Et si à l'heure où notre société n'en finit plus de se fracturer en séparatismes sociaux et replis sur soi, nous entonnions ensemble cette "Marseillaise" de la fraternité ? Je ne milite pas, disant cela, pour l'abandon ni le remplacement de notre hymne national... Mais de quoi avons-nous le plus besoin aujourd'hui ? De hurler pour réclamer le "sang impur" de "féroces soldats" ? Ou bien de crier notre volonté collective d'en finir avec cette période maudite où nous sombrons depuis tant d'années dans le sentiment d'impuissance face à la montée des inégalités sociales et des guerres culturelles ? »
Dounia BOUZAR, « Les jeunes [d'origine immigrée ?] disent que d'ailleurs ils seront considérés comme des citoyens comme les
autres quand ils pourront justement revendiquer le changement de ces paroles. » (Culture et dépendances, 3 nov 2004)

Georges BRASSENS " La musique n'est pas mal, mais les paroles sont très discutables, sous le rapport de la qualité " (Apostrophes, 14 mars 1975)
Marie-George
BUFFET
«
Je ne comprends pas que certains ne la chantent pas.
C'est
l'hymne national, la révolution, la résistance, le mouvement
ouvrier!»
Jacques
CHABAN-DELMAS « Ayant appris au moins le refrain, et, sans
doute, un ou deux couplets de la Marseillaise dans ma prime enfance,
ayant été élevé dans la vénération de la France, la
Marseillaise est pour moi un chant émouvant, entraînant et
infiniment précieux.
Heureusement qu'il n'est pas question de
changer la musique ; et
je
ne pense pas qu'il soit absolument nécessaire d'adapter les paroles
à notre époque : le présent s'explique par le passé, et c'est le
présent qui doit éclairer l'avenir
"
Magyd CHERFI (Zebda) « Il y a des jours comme ça où on aime la France, où on a envie de chanter la Marseillaise, envie d'être tricolore comme un supporter insupportable ... Nous ne pouvions le faire sans trahir nos parents, leur douleur de la guerre d'Algérie qu'ils nous ont inoculée. » (2015) « [Notre hymne] s'adresse aux Français d'il y a plus de deux siècles. Je pense qu'il serait souhaitable de changer les paroles pour la rendre plus universelle, car aujourd'hui les enfants de la France sont noirs, maghrébins. Ils doivent se retrouver dedans. » (2016)

Régis DEBRAY« Les paroles de la Marseillaise, que dis-je, le fait même qu'un « chant de guerre de l'armée du Rhin » puisse devenir l'hymne officiel d'un pays pacifié par la Raison, eussent semblé barbarie pure à Condorcet, à Montesquieu comme à Diderot. La remontée de croyances magiques (le sang impur des ennemis venant fertiliser nos terres à blé), le délire sacrificiel, l'appel à la vendetta, l'obsession de la gloire, la bestialisation agressive du frère humain, ce féroce qui « mugit », l'anxiété épurative (l'effet cinquième colonne), les simplismes d'exclusion (eux et nous) ne rentraient pas, et pour cause, dans le champ de conscience des salons et académies. »

Natalie DESSAY : "Même si je me sens parfaitement française, je n'aime pas ces paroles de la Marseillaise, je trouve qu'il faudrait les changer. Moi je ne peux pas dire qu'un sang impur abreuve nos sillons, voilà. »
MAURICE DONNAY, académicien :"La Marseillaise, peut-être en avait-on abusé pendant la paix ? On la jouait et on la clamait à tout bout de champ et à tout bout de rue, dans trop de circonstances municipales ou agricoles. L'hymne national, cela doit être comme le drapeau que le colonel ne montre aux soldats, en temps de paix, qu'en des occasions tout à fait solennelles : il ne le ferait pas sortir pour une revue de linge et de chaussures. De même, on ne devrait pas jouer la Marseillaise dans un concours de pompes ou de natation. En temps de guerre, c'est autre chose: le drapeau est toujours visible au milieu du régiment, et le chant patriotique est toujours présent au milieu de la foule..."(Le Figaro,1915)
Hervé DREVILLON historien, Directeur de la Recherche au Service Historique de la Défense. « ... la Marseillaise a été investie d'une sacralité familière. L'histoire de ses appropriations, même critiques ou transgressives, marque finalement une forme d'attachement à ce patrimoine et à la volonté de le faire sien, quitte à le transformer... La rhétorique du « sang impur », par exemple, a pu susciter certaines critiques ou prises de distance, qui visaient, paradoxalement, à transformer la Marseillaise pour la rendre plus fidèle à elle-même et à son statut idéalisé de chant de liberté... Elle est avant tout, une déclaration d' "amour sacré" pour la patrie et pour la "Liberté chérie" »
Marcel GAUCHET : « On ne réécrit pas l'histoire. On peut juger déphasé par rapport à nos sensibilités actuelles ce vers mais notre effort intellectuel doit être de le replacer dans son contexte, de comprendre le sens qu'il pouvait avoir pour nos devanciers vis-à-vis duquel nous pouvons nous retrouver avec respect sans du tout partager les idées qui sont derrière ce vers malheureux. »
Françoise GIROUD « J'adore la Marseillaise. C'est peut-être le plus beau des hymnes nationaux, parce qu'il est vif et tendu, au lieu d'être solennel. Je trouve qu'il va bien à la France. Les paroles sont évidemment affligeantes. »

Valéry GISCARD D'ESTAING : "Les paroles sont d'un ridicule ! Nicolas Sarkozy et Angela Merkel sont sous l'Arc de triomphe, et on est en train d'abreuver nos sillons d'un sang impur!"
Danielle MITTERRAND, " Il est vrai que les paroles de notre hymne national sont très guerrières et qu'elles peuvent choquer les esprits pacifiques, parmi lesquelles je me compte."
Théodore MONOD, « la France pacifique, lumière des nations... n'a pas de chant plus officiel et plus sacré qu'un appel aux armes, aggravé d'un refrain sanguinaire et raciste... On admettrait, en le déplorant, qu'un État raciste ait la triste franchise de réciter son credo, mais voir un pays se disant foncièrement pacifique contraindre d'innocents bambins à chanter... un appel au meurtre, cela passe l'imagination. »

Edgar MORIN « Cet hymne de combat est un hymne d'éveil et de résistance à l'invasion des armées royalistes conjurées... Son caractère sanguinaire est lié à ce moment d'exaltation, voire d'ivresse vitale. Et surtout, il lie indissolublement l'identité de la République à la résistance aux tyrannies. Il lie non moins indissolublement l'idée de République à l'idée de France... »
Michel
PLATINI «
Je ne chantais pas la Marseillaise car je trouvais que c'était un
hymne de guerre... j'adorais la Marseillaise, c'est la plus belle des
musiques, respectée et admirée dans le monde entier, mais les
paroles sont un peu violentes, pour un footballeur qui vient jouer au
football. C'est ma façon de voir le jeu ; c'est pas la guerre, le
football ! »
HUBERT REEVES, « Ce qualificatif "impur", quel qu'en ait été le sens lors de l'écriture de la Marseillaise, n'est plus acceptable aux enfants de France et du monde."
... Quand de jeunes beurs sifflent la Marseillaise, ils s'attaquent à un symbole vivant. La Marseillaise est le seul hymne figuré par un être-vivant, qui plus est par une femme, sculptée sur l'Arc de Triomphe. Finalement, le fait que la Marseillaise soit critiquée, déformée, attaquée, cela prouve sa vigueur, son actualité, cela prouve qu'elle a une importance dans la vie des Français. »
Dominique SCHNAPPER, politologue « Personne ne regrette les accents vengeurs de La Marseillaise et le «sang impur» de nos ennemis - ce qui a rendu impossible l'effort pour l'imposer dans les écoles »
Michel SERRES, philosophe « Ces paroles ignobles de la Marseillaise où on parle du sang impur des ennemis, qui est un mot d'un racisme tel qu'on devrait avoir honte de l'enseigner aux enfants... j'aurais honte de l'enseigner à mes étudiants, ils ont tous un sang pur et l'impureté du sang est quelque chose qui me fait horreur. » (France Culture, 9 mai 2008)
Bernard STASI, « L'hymne national d'un pays comme la France doit exprimer des sentiments de fraternité universelle et ne doit pas être porteur d'un discours nationaliste, belliqueux et xénophobe, comme celui qui s'exprime à travers les couplets d'origine.»
Simone
VEIL, « notre hymne national... fait partie de ma mémoire et ma
culture. Les paroles et la musique n'ont, en fait, guère
d'importance pour moi ; seules comptent, lorsque j'écoute la
Marseillaise ou que je la chante avec d'autres, toutes les références
aux occasions dans lesquelles je l'ai entendue ou chantée dans le
passé, depuis mon plus jeune âge. »
